Le château du Thoult-Trosnay

Région: Champagne-Ardenne

Epoque:

Article tiré du journal "L’union" du 9 février 2010.

« IL faut aujourd’hui savoir ce que nous voulons faire de ce trésor. » En premier magistrat et passionné de sa commune, le Thoult-Trosnay, François Robin emploie facilement des superlatifs.
Mais à défaut d’être un trésor d’argent et d’or, les ruines du château fortifié qui dressait au XIIIe siècle ses six tours dans la vallée du Petit Morin, en contrebas du hameau de Trosnay, représente une perle très rare. Et le site reste encore très, voir complètement, méconnu.
Et cette ruine, « ce lieu inspiré », comme le qualifient certains, se veut de toute première importance dans l’histoire de Thibault de Champagne comme dans l’Histoire de France tout court. « La mère de Thibault de Champagne, Blanche de Navarre, qui résidait au Mont-Aimé, se rendait à Meaux ou Provins et laissait en passant son fils Thibault dans ce château niché dans la vallée, ici, il était au calme et il était protégé », raconte François Robin.
Le futur Thibault de Champagne a séjourné épisodiquement mais régulièrement à Trosnay jusqu’à l’âge de 13 ans. Il est parti ensuite pour Paris. Ce lieu de vacances a marqué à vie le jeune Thibault IV. Ces impressions de jeunesse se retrouvent dans ses poèmes. Il a d’ailleurs été un des premiers poètes à parler de la nature.

« Il n’y aura plus rien dans 10 ans »
« Il l’évoque dans ces textes, il a toujours eu le regret de cette belle province, avec des fleurs en juillet, entre les collines boisées, c’est ici, à Trosnay », rappelle François Robin. Avec un hectare d’emprise, des fossés vieux de 800 ans qui sont encore bien visibles, les restes de mur d’un mètre d’épaisseur, on devine des tours, l’habitation principale, des logements pour les soldats, des écuries, « Des soldats devaient toujours être maintenus ici, même si le site n’avait probablement pas d’importance militaire », note François Robin.
Si ce château fortifié, contemporain de celui du Mont-Aimé, a connu ses heures de gloire par le passé, son avenir semble des plus incertains. « Les ruines de ce château sont abandonnées, depuis les années cinquante, elles servent de carrières de pierre, si nous ne faisons rien pour conserver le peu qu’il reste, il n’y aura plus rien dans dix ans », assure François Robin. L’idée du maire : débroussailler, déboiser, et réaliser un parcours avec des panneaux explicatifs pour les visiteurs : « Le propriétaire de la pâture où le château est installé n’est pas opposé au projet ». Mais la mise en œuvre de ces travaux n’est pas à la portée financière de cette commune de 94 habitants déjà forte d’un beau patrimoine. « Je compte alerter le conseil régional », indique François Robin, qui se demande : « A-t-on le droit de laisser tomber un de ces pans de notre Histoire ? Je ne crois pas. »

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